Les fondateurs

Nicolas Brusson

Ingénieur formé à la Silicon Valley, Nicolas Brusson a transformé une idée de partage de voiture en la plus grande plateforme mondiale de covoiturage longue distance.

Portrait de Nicolas Brusson, cofondateur et PDG de BlaBlaCar, lors du TNW Conference 2015.

Photo : Julia de Boer / The Next Web, CC BY-SA 2.0, via Wikimedia Commons

Nicolas Brusson n'a pas construit BlaBlaCar depuis un garage de la Silicon Valley ni depuis un accélérateur parisien. Il a construit la plateforme depuis un appartement partagé à Paris, avec peu de moyens, beaucoup de ténacité et une conviction forgée lors d'années passées à Berkeley : le covoiturage longue distance pouvait fonctionner à grande échelle si l'on résolvait le problème de confiance entre conducteurs et passagers.

Du lycée de Montgeron aux labs de Berkeley

Né le 15 juin 1977 à Villeneuve-Saint-Georges, Nicolas Brusson grandit à Crosne, dans l'Essonne, dans une famille où la majorité des membres travaillent dans la fonction publique. Après le lycée de Montgeron, il intègre une classe préparatoire puis SupOptique, école d'ingénieur du groupe Institut d'Optique, près d'Orsay. Il y développe une passion pour la physique et les systèmes complexes. Début 2000, il soutient un doctorat à l'université Paris-Sud avant de traverser l'Atlantique pour un Master of Science à UC Berkeley, entre 2003 et 2005. La Silicon Valley de l'époque est en plein rebond post-bulle, et Berkeley expose Brusson à un écosystème où l'ambition entrepreneuriale est banale et l'échec acceptable. Il rentre en France sept ans plus tard avec une idée précise : « participer à la création d'un écosystème start-up en Europe ».

L'INSEAD, Mazzella et la naissance de Covoiturage.fr

À Fontainebleau, il rejoint l'INSEAD en MBA entre 2006 et 2007. C'est là qu'il rencontre Frédéric Mazzella, qui avait déjà lancé Covoiturage.fr en 2006. L'idée est simple : mettre en relation des conducteurs qui effectuent des trajets longue distance avec des passagers cherchant un siège. Mazzella y voit un projet de trafic web ; Brusson y voit une place de marché et un défi opérationnel. Les deux hommes s'associent, rejoints par Francis Nappez côté technique. Le trio va définir les trois piliers du produit : l'offre (les conducteurs), la demande (les passagers) et la confiance (le système de notation et de vérification d'identité). Sur la philosophie des places de marché et de la French Tech, voir French Tech : baromètre 2026, le rebond de l'écosystème.

Les années difficiles et la percée

La crise financière de 2008 frappe durement les start-up européennes. BlaBlaCar, encore trop petite pour convaincre les investisseurs institutionnels, voit ses tentatives de levée de fonds échouer les unes après les autres. Pour survivre, Brusson prend un emploi à temps partiel comme investisseur dans un fonds londonien, tout en continuant à développer la plateforme le soir et le week-end. La dualité dure plusieurs années. En 2011, la situation se débloque : un investisseur historique de Facebook repère le projet et investit 10 millions de dollars, permettant à l'équipe de se consacrer pleinement à la croissance. En 2013, Covoiturage.fr adopte définitivement le nom BlaBlaCar, choisi pour sa résonance internationale. Commence alors une phase d'expansion rapide en Europe, portée par une série de levées successives. La démarche de la construction d'une start-up dans un contexte contraint illustre bien les principes décrits dans notre guide pour lancer une startup tech sans être développeur.

Licorne, impact environnemental et expansion mondiale

En avril 2021, BlaBlaCar confirme son statut de licorne en levant 115 millions de dollars, portant sa valorisation à 2 milliards de dollars. Nicolas Brusson déclare à l'AFP qu'il s'agit probablement de la dernière levée avant une introduction en Bourse, sans donner de calendrier précis. À ce moment, la plateforme opère dans 22 pays, compte 800 employés et a transporté des dizaines de millions de passagers. En 2023, BlaBlaCar annonce 80 millions de passagers et une présence dans 20 pays. En 2025, les chiffres cumulés atteignent 150 millions de passagers transportés, 568 millions d'euros économisés par les conducteurs sur l'année et 4 millions de tonnes de CO₂ évitées grâce au partage des trajets. Ce dernier indicateur est devenu central dans la communication de Brusson, qui présente le covoiturage comme une réponse concrète à l'inefficacité du transport individuel, en particulier pour les personnes non desservies par les transports en commun.

En juin 2026, BlaBlaCar annonce une expansion dans 20 nouveaux pays, rendue possible par le recours à l'intelligence artificielle pour la localisation de l'application et la mise en relation des conducteurs et passagers. Entre mars et juin 2026, plus de 800 000 nouveaux conducteurs rejoignent la plateforme dans le monde. Brusson résume la logique : « techniquement, on peut se lancer dans 10 pays comme dans 30 ». La scalabilité par l'IA transforme ce qui était autrefois un déploiement coûteux pays par pays en une opération quasi industrielle. Nicolas Brusson dirige BlaBlaCar depuis Paris, avec une discrétion qui tranche avec la visibilité médiatique de certains de ses pairs dans l'écosystème de la French Tech.

Questions fréquentes

Qui est Nicolas Brusson ?

Nicolas Brusson est un entrepreneur français né le 15 juin 1977, cofondateur et PDG de BlaBlaCar, la plus grande plateforme mondiale de covoiturage longue distance. Diplômé de SupOptique et d'un MBA de l'INSEAD, il a cofondé la société en 2006 avec Frédéric Mazzella et Francis Nappez.

Quand BlaBlaCar a-t-il été fondé ?

BlaBlaCar a été fondé en 2006 sous le nom Covoiturage.fr, avant d'adopter son nom actuel en 2013. La plateforme opère aujourd'hui dans plus de 20 pays et revendique 150 millions de passagers cumulés.

Quelle est la valorisation de BlaBlaCar ?

BlaBlaCar a été valorisé à 2 milliards de dollars lors de sa levée de 115 millions de dollars en avril 2021, confirmant son statut de licorne française. La société n'a pas annoncé de nouvelle valorisation depuis, et n'est pas encore cotée en Bourse.

Quel est l'impact environnemental de BlaBlaCar ?

Selon BlaBlaCar, la plateforme a permis d'éviter 4 millions de tonnes de CO₂ grâce au partage des trajets en voiture, en remplissant des sièges qui auraient autrement roulé vides sur les routes européennes.

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